C'est mon herbe

Poèmes et Notes bleues

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L’œil de l’arbre

Respire la beauté des couleurs,
Tes sens te donnent la clé dehors
Le nez au vent aux premières heures.
Ne te précipite pas, respire.

Avant de partir au boulot,
Tu as encore une demi-heure.
Immobile, sur le sol humide,
Apprécie les reflets de l’eau.

Et surtout il y a les arbres,
Laisse l’oxygène entrer en toi,
À toutes leurs vies je voue un sacre,
Dans les forêts, je me sens moi.

Si Le vent me nettoie de la
civilisation des machines,
Je reste un étranger dans ce ciel
Extérieur à ce qui est là.

Trop éloigné depuis longtemps,
Je ne connais que les odeurs
Des rues, cadrant un autre temps
Ciment et la somme des erreurs.

Épuisé, je retourne à la ville
Ses angles droits, ses horizons cachés,
Sans avoir saisi la chance de
Me perdre dans un chemin caché.

/

Comme Anna de Noailles semble plus proche de cette nature avec laquelle elle vit au diapason dans ce magnifique poème limpide.


Commentaires

Une réponse à « L’œil de l’arbre »

  1. DÉCLINAISONS DES ARBRES

    De l’arbre qui ne révèle pas ne cherche pas mais signifie/ de l’arbre où poussent les neurones de notre cortex /de l’arbre transfert aérien de notre for intérieur/ de l’arbre ébranché dans un alexandrin : voici des fruits des fleurs des feuilles et des branches/ de l’arbre qui irrigue les carnets et les cahiers de peintres qui essaient pour le figurer de prendre le recul nécessaire sur leurs pratiques millénaires/ de l’arbre qui cache la forêt des symboles /de l’arbre composé par les mille et un contes de la nuit /de l’arbre apparaissant sur la langue tirée par monsieur Einstein /de l’arbre mort de mon jardin un cerisier dont j’ai conservé le tronc et les fourches pour m’y asseoir et converser avec mes livres imaginaires qui tels l’oracle de Delphes ne révèlent pas ne cherchent pas mais signifient /de l’arbre du signifiant en ces chaos inattendus cahin caha/ de l’arbre de la barque de Francis Ponge qui s’en va couçi couça « comme tout au monde à sa perte, tel un fétu »/ de l’arbre des contes populaires du petit poucet et du baron perché /des arbres de toute une vie où figurent l’écorce et la chair de nos autoportraits /de l’arbre qui s’efface et fuit la terre en feu/ de l’arbre qui déploie ses racines dans le sol jaune des amours contrariées ou perdues/ de l’arbre résistant contre vents et marées

    https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-nouveau-dictionnaire-part-moi

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